
Quatre prélèvements différents. Quatre dates à retenir. Et cette boule au ventre chaque fin de mois quand vous vérifiez si tout est bien passé. Je reçois régulièrement des clients qui jonglent avec 900, parfois 1 200 euros de remboursements mensuels répartis sur trois ou quatre crédits. Leur question est toujours la même : peut-on vraiment diviser ça par deux ?
La réponse courte : oui, c’est techniquement possible. La réponse honnête : ça a un prix. Et c’est précisément ce prix que personne ne vous explique clairement.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou courtier agréé pour toute décision de regroupement de crédits.
L’essentiel sur le regroupement de crédits en 30 secondes
- La baisse de mensualité (jusqu’à 60%) s’obtient en allongeant la durée de remboursement
- Le coût total du crédit augmente généralement de 5 000 à 15 000 € selon les dossiers
- Le taux d’endettement doit rester sous 35% après l’opération
- Délai moyen : 4 à 8 semaines entre le premier rendez-vous et le déblocage
- Le regroupement n’entraîne aucun fichage Banque de France
Ce que vous allez découvrir
Le mécanisme réel derrière la baisse de 60 % (et ce qu’on ne vous dit pas)
Soyons clairs dès le départ. Cette promesse de réduction de 60% n’est pas un tour de magie. C’est de la mathématique pure, et franchement, assez simple à comprendre une fois qu’on vous l’explique sans jargon.
Vous remboursez aujourd’hui 1 000 euros par mois sur trois ans restants. L’organisme de rachat va solder vos anciens crédits et vous proposer un nouveau prêt unique. Mais au lieu de trois ans, il vous propose huit ans. Résultat : votre mensualité tombe à 420 euros. Vous respirez. Sauf que pendant cinq années supplémentaires, vous allez continuer à payer des intérêts.
35%
Taux d’endettement maximum autorisé après regroupement selon les normes HCSF
Selon les décisions HCSF du ministère de l’Économie, ce seuil de 35% assurance comprise est maintenu depuis septembre 2021. C’est le premier critère que tout organisme va vérifier avant même de regarder votre dossier.

Je ne vais pas vous mentir : dans ma pratique en Nouvelle-Aquitaine, l’erreur que je rencontre le plus souvent, c’est la focalisation sur la mensualité. Les clients arrivent soulagés en voyant passer leur échéance de 1 100 à 500 euros. Mais quand je leur montre le tableau d’amortissement complet, la réaction change. Sur les dossiers que j’ai traités, ce réflexe génère un surcoût moyen de 8 000 à 15 000 euros sur la durée totale. Ce constat est limité à mon périmètre et peut varier selon les montants initiaux.
Pour estimer l’impact sur votre propre situation, vous pouvez utiliser un outil de calcul de vos mensualités de prêt avant tout rendez-vous.
Le calcul à faire absolument
Avant de signer : multipliez votre nouvelle mensualité par le nombre de mois du nouveau crédit. Comparez ce total avec ce qu’il vous restait à payer sur vos anciens crédits. La différence, c’est le prix réel de votre tranquillité mensuelle.
La réglementation officielle du regroupement de crédits impose d’ailleurs aux prêteurs de vous permettre de comparer le coût total avant et après l’opération. Si votre interlocuteur esquive cette comparaison, c’est un signal d’alarme.
Quels crédits peuvent (vraiment) être regroupés ensemble
Tous les crédits ne se valent pas dans un dossier de regroupement. Certains passent sans difficulté, d’autres compliquent sérieusement la négociation. Et contrairement à ce qu’on lit souvent, ce n’est pas une question de oui ou non, mais plutôt de facilité d’acceptation.
Mon avis (qui n’engage que moi) : concentrez-vous sur les crédits à la consommation classiques. C’est là que le regroupement fait le plus de sens et que les organismes sont les plus réceptifs.
Le récapitulatif ci-dessous présente les différentes catégories de crédits selon leur intégration dans un regroupement. Chaque ligne indique le niveau de difficulté constaté sur le terrain et l’impact potentiel sur le taux global proposé.
| Type de crédit | Regroupable | Difficulté | Impact sur taux |
|---|---|---|---|
| Prêt personnel classique | Oui | Faible | Neutre |
| Crédit auto | Oui | Faible | Neutre |
| Crédit travaux | Oui | Faible | Neutre |
| Crédit renouvelable (revolving) | Oui | Moyenne | Légèrement défavorable |
| Prêt immobilier | Oui (sous conditions) | Élevée | Dépend de la garantie |
| Découvert bancaire | Parfois | Élevée | Défavorable |
Attention au piège classique : les crédits renouvelables. La réglementation impose désormais au prêteur de vous proposer leur clôture lors du rachat. C’est une bonne chose, mais beaucoup de clients refusent pour garder une réserve de sécurité. Mauvaise idée. Ces lignes ouvertes pèsent sur votre capacité d’endettement même si vous ne les utilisez pas.
Pour les propriétaires, l’intégration d’un prêt immobilier change la nature de l’opération. Ça devient un rachat hypothécaire, avec des frais de garantie, parfois des frais de mainlevée sur l’ancienne hypothèque. Les délais s’allongent et le taux proposé dépend fortement de la valeur de votre bien. D’autres montages existent pour ces situations, contactez un courtier spécialisé pour ça.
Pour une simulation personnalisée de votre propre situation, les courtiers spécialisés comme aura-finance.fr peuvent étudier votre dossier gratuitement.
Le cas de Sophie : de 1 180 € à 520 € par mois (et ce qu’elle a payé en plus)

J’ai accompagné Sophie en 2023. Aide-soignante à Bordeaux, 42 ans, elle cumulait quatre crédits conso et un prêt auto. Total des mensualités : 1 180 euros. Son reste à vivre après toutes les charges fixes ? 350 euros pour elle et son fils. C’est ça qui m’a marqué : elle avait honte de me montrer ses relevés.
Sophie, de 1 180 € à 520 € par mois : le détail complet
Situation avant regroupement :
- Crédit auto : 280 €/mois (18 mois restants)
- Crédit travaux : 320 €/mois (24 mois restants)
- Crédit conso 1 : 190 €/mois (36 mois restants)
- Crédit conso 2 : 150 €/mois (30 mois restants)
- Prêt personnel ancien : 240 €/mois (12 mois restants)
Capital restant dû total : environ 28 000 €
Coût total restant à payer (intérêts inclus) : environ 31 500 €
Après analyse, nous avons regroupé l’ensemble sur 96 mois au lieu des 36 mois restants en moyenne. Le taux obtenu tournait autour de 6,8% TAEG.
Avant : 1 180 €/mois, 5 prélèvements, reste à vivre 350 €, durée moyenne restante 24 mois
Après : 520 €/mois, 1 seul prélèvement, reste à vivre 1 010 €, durée 96 mois
Contrepartie : coût total du nouveau crédit = 49 920 € soit un surcoût de 4 200 € par rapport aux anciens crédits
Sophie a fait un choix éclairé. Elle savait que ces 4 200 euros supplémentaires étaient le prix de sa tranquillité immédiate. Son fils entrait au lycée, elle avait besoin de souffler maintenant, pas dans trois ans.
Ce que je retiens de son dossier : le reste à vivre a presque triplé. C’est souvent ça, le vrai bénéfice du regroupement. Pas les 60% de réduction en soi, mais la marge de manœuvre retrouvée au quotidien.
Selon l’analyse détaillée des normes HCSF par la Banque de France, les banques disposent d’une marge de flexibilité de 20% pour les dossiers qui dépassent légèrement le seuil standard. Sophie entrait dans cette catégorie.
Les 3 erreurs qui font échouer votre dossier de regroupement
Sur le terrain, je vois les mêmes erreurs revenir. Certaines retardent le dossier de plusieurs semaines. D’autres provoquent un refus pur et simple. Voici celles que je rencontre le plus souvent.
Les 3 erreurs qui font refuser votre dossier
Erreur n°1 : Sous-estimer les crédits renouvelables ouverts. Même non utilisés, ils comptent dans votre capacité d’endettement. Les organismes prennent en compte 3 à 5% du plafond autorisé comme charge théorique. Solution : demandez la clôture de toutes les réserves que vous n’utilisez plus AVANT de déposer le dossier.
Erreur n°2 : Fournir des relevés de compte tronqués. Les organismes demandent généralement 3 mois de relevés complets. Si vous cachez une page parce qu’elle montre un rejet de prélèvement ou un découvert, c’est pire. La transparence paie toujours.
Erreur n°3 : Déposer un dossier pendant une période d’incident. Un impayé récent, même régularisé, complique tout. Attendez trois mois de fonctionnement propre avant de solliciter un regroupement.
Concernant les frais de remboursement anticipé, sachez qu’aucune indemnité n’est due selon les règles de remboursement anticipé expliquées par La finance pour tous si le montant remboursé est inférieur à 10 000 euros par période de 12 mois sur un crédit amortissable. Cette règle s’applique à la plupart des crédits conso.
Pour maximiser vos chances d’acceptation, consultez notre guide sur la constitution de votre dossier de crédit.
Avant de déposer votre dossier de regroupement
-
Clôturer les crédits renouvelables non utilisés -
Rassembler 3 mois de relevés bancaires complets (toutes pages) -
Vérifier l’absence d’incident de paiement sur les 90 derniers jours -
Calculer votre taux d’endettement actuel (objectif : marge pour passer sous 35% après) -
Comparer le coût total avant/après sur toute la durée
Les délais que j’observe sur mes dossiers en Nouvelle-Aquitaine :
-
Premier rendez-vous et collecte des justificatifs -
Simulation personnalisée et choix de l’offre -
Dépôt du dossier complet auprès de l’organisme -
Réponse définitive et offre de prêt -
Déblocage des fonds et remboursement des anciens crédits
Ces délais sont des moyennes constatées sur mes dossiers. Ils peuvent varier selon la complexité de votre situation et la réactivité dans la fourniture des documents.
Vos questions sur le regroupement de crédits
Voici les interrogations que je reçois le plus souvent, avec des réponses directes basées sur ce que j’observe au quotidien.
Le rachat de crédits entraîne-t-il un fichage Banque de France ?
Non. Un regroupement de crédits n’entraîne aucun fichage en soi. Le FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) recense uniquement les incidents de paiement : impayés, défauts de remboursement. Solder vos anciens crédits via un rachat est une opération normale qui n’a rien à voir avec une procédure de surendettement.
Peut-on inclure un crédit immobilier dans le regroupement ?
Oui, mais ça change tout. Dès qu’un prêt immobilier entre dans l’opération, l’ensemble devient un rachat hypothécaire. Vous devez être propriétaire, une garantie sera prise sur votre bien, et les frais augmentent significativement (frais de notaire, mainlevée de l’ancienne garantie). En contrepartie, les taux sont généralement plus bas qu’un regroupement de crédits conso purs.
Combien de temps faut-il pour obtenir un regroupement ?
Comptez entre 4 et 8 semaines entre votre premier rendez-vous et le déblocage effectif des fonds. Les dossiers simples (crédits conso uniquement, situation stable, documents complets) vont plus vite. Les dossiers incluant un prêt immobilier ou présentant des particularités peuvent dépasser les 10 semaines.
Quels sont les frais cachés du rachat de crédits ?
Les principaux frais à anticiper : frais de dossier du nouvel organisme (généralement entre 1% et 1,5% du montant), éventuelles indemnités de remboursement anticipé sur vos anciens crédits (souvent nulles sous 10 000 euros remboursés par an), et l’assurance emprunteur du nouveau prêt. Le TAEG affiché doit inclure tous ces éléments. Si ce n’est pas clair, posez la question explicitement.
Peut-on faire un regroupement quand on est fiché ?
C’est compliqué mais pas impossible. Si vous êtes propriétaire, certains organismes spécialisés acceptent d’étudier votre dossier avec une garantie hypothécaire. Les conditions seront plus strictes et le taux plus élevé. Si vous êtes locataire et fiché, les chances sont quasi nulles. Mieux vaut d’abord régulariser votre situation auprès de la Banque de France.
Mon avis pour la suite
Si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article : le regroupement de crédits est un outil, pas une solution miracle. Il vous fait gagner de l’air chaque mois en échange d’un engagement plus long et d’un coût total plus élevé. C’est un compromis.
Précautions avant de regrouper vos crédits
- Ce guide ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation financière
- Les taux et conditions mentionnés sont des moyennes constatées en 2025 et varient selon les établissements
- Chaque dossier fait l’objet d’une étude individuelle par les organismes prêteurs
Risques à anticiper :
- Risque de surcoût total si durée de remboursement trop allongée
- Risque de refus si taux d’endettement après opération reste supérieur à 35%
- Risque de frais non anticipés (IRA, frais de dossier)
Pour toute décision engageante, consultez un courtier en crédit inscrit à l’ORIAS ou votre conseiller bancaire.
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite : avec une mensualité réduite, qu’est-ce que vous feriez de cette marge retrouvée ? Épargne de précaution, financement d’un projet, simple respiration ? La réponse vous dira si le jeu en vaut la chandelle.